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Convegno Internazionale

Conservation et restaurationdu patrimoine: théorie et pratique autour des questions d'actualité

Pour une bonne préservation du patrimoine indispensable à sa transmission, les questions de conservation et de restauration occupent une place centrale. Si ces notions peuvent être abordées séparément ou ont pu être opposées, elles ont souvent aussi été envisagées conjointement en raison des liens étroits qui les lient. En effet, faut-il conserver le patrimoine en l’état ou le restaurer pour lui faire retrouver un état d’origine, en effaçant les ajouts et traces successives laissées par le temps et l’histoire ? Ces apports n’ont-ils aucune valeur ? Face aux dégradations causées par des facteurs variés, naturels ou humains, la restauration est parfois indispensable et nécessaire afin de pouvoir conserver le patrimoine. Pratiquée selon certaines exigences, la restauration peut permettre de révéler les valeurs esthétiques et historiques du patrimoine comme elle peut, dans certains cas, conduire à leur destruction.

Des architectes et théoriciens en France, en Angleterre et en Italie notamment ont développé des idées qui ont alimenté de nombreux débats et marqué l’histoire de ces questions. Aussi, nous souhaitons, dans le cadre de ce colloque international, inviter des spécialistes de différents pays afin d’enrichir les points de vue et les discussions autour de ces notions de conservation et de restauration en lien avec l’actualité de la recherche, de la réflexion théorique et des techniques utilisées en pratique sur le terrain.

L’idée de ce colloque a également été inspirée par l’actualité, qui nous a récemment rappelé l’importance de ces questions en matière de préservation des biens culturels. La destruction accidentelle de la flèche de Notre-Dame de Paris interroge non seulement sur les conditions qui ont rendu possible la survenue d’une telle catastrophe mais a suscité également un vif débat sur la forme que pourrait prendre sa restauration. Les menaces variées qui pèsent sur la préservation du patrimoine ont motivé des plans de sauvegarde, la prise de mesures de conservation préventive ou des campagnes de restauration. Ainsi, le risque d’inondation en raison d’une crue possible de la Seine a incité de prestigieux établissements parisiens en bordure du fleuve à procéder au déménagement de leurs réserves. L’inauguration cette année des réserves du Musée du Louvre à Liévin dans la région des Hauts-de-France constitue un exemple majeur de la réflexion qui a été menée en France. Le Musée Boijmans Van Beuningen a lancé quant à lui un vaste chantier de construction d’un nouveau type de réserve visitable au cœur de Rotterdam. La question de la restauration du Retable d’Issenheim et les décisions qui ont été prises constituent aussi un exemple important et significatif des débats et solutions qui sont envisagées de nos jours en matière de restauration en France.

En Italie, le patrimoine artistique et culturel souffre paradoxalement, d’une part d’un manque de soin, et d’autre part, il court le risque d’être submergé par un excès d’attention, surtout en raison de l’hétérogénéité des approches de la discipline et de la confusion liée au sens de nombreux termes souvent utilisés à tort sur le palimpseste fragile d’un bien, expression de l'accumulation d’une culture matérielle stratifiée.

Étymologiquement, les termes latins "conservatio et restauratio" sont assez distincts : le premier répond au besoin primordial de protéger, sauvegarder, préserver et ainsi sauver de la décomposition, de la ruine et, à terme, de la perte, les ressources de la société et ses biens matériels. Le terme "conservatio" s’identifie ainsi à l’engagement de respecter et de préserver un patrimoine collectif ou personnel qu’il faut protéger et mettre en valeur.

Au contraire, le terme "restauratio" suppose de ramener l'objet en question à son état d'origine présumé, en éliminant les pages d'histoire écrites au fil du temps ; dans cette perspective, on privilégie toujours une transformation forte, matérielle et morphologique, un retour au passé (restauration) qui efface des siècles d'histoire au nom de la recherche de l'intégrité.

Il importe de rappeler que pour garantir un travail concret de protection matérielle d’une œuvre d’art, afin de souligner le caractère unique de la réalisation, il est nécessaire de suivre une démarche intellectuelle précise qui passe par l’étude historique et l’analyse des étapes de sa réalisation, de ses aspects formels et matériels ainsi que du diagnostic de ses pathologies physico-chimiques et de ses problèmes structurels. Ce n’est qu’après avoir achevé ces investigations que le professionnel pourra se consacrer sciemment au projet de conservation du bien culturel existant en tenant compte aussi du contexte environnemental.

Trop souvent, l’approfondissement des théories n’a pas contribué à la diffusion de ses objectifs culturels et il a peut-être même enfermé le débat dans une clôture qu’il s’est lui-même construite.

Pour cette raison, il est nécessaire de simplifier les concepts fondamentaux de la restauration, c'est-à-dire de les diffuser à l’ensemble des opérateurs et de transmettre clairement la réflexion synthétique d’une restauration "de qualité". La restauration vertueuse y prend sa source en conjuguant l’apport commun des théoriciens, de ceux qui réfléchissent aux critères culturels et de ceux qui sont appelés au quotidien à réaliser des opérations de restauration, lien indispensable entre deux réalités, malheureusement de plus en plus éloignées l’une de l’autre.

Il est nécessaire de simplifier les résultats des recherches avancées, les formes du débat, les résultats des réflexions théoriques et historiques en matière de restauration, de simplifier les résultats et les avancées des sciences et des techniques, la méthode de conception, les expériences en général que l’on veut présenter, autrement les problématiques ne peuvent bénéficier d’une large audience, se diffuser et ne peuvent enrichir le professionnel, l'opérateur et l'administrateur public.

Mais simplifier ne signifie pas appauvrir les questionnements et ne veut pas dire réduire la richesse des thématiques, ceci ne doit pas impacter les contenus culturels et techniques des sujets sur lesquels nous voulons communiquer.

Simplifier c’est transmettre l’essence des choses, les éléments clefs autour desquels s’articule le   projet de restauration, le noyau de la recherche et ses concepts de base, la synthèse critique de l’expérience, le résultat concret par rapport aux hypothèses de départ et des nombreuses autres synthèses importantes.

Il convient de simplifier et de communiquer, car ce n'est qu'en faisant circuler des thématiques et des problématiques rendues plus intelligibles, que celles-ci peuvent être entendues d’un vaste public.

 

Ce colloque international sera ainsi l’occasion de revenir sur les aspects historiques, théoriques et pratiques de la conservation-restauration, de réfléchir sur les enjeux de ces notions, de présenter et d’analyser des expériences et des réalisations qui ont été menées par des institutions patrimoniales et de s’interroger sur les moyens mis en œuvre afin de préserver le patrimoine en recourant à la conservation-restauration.

 

Grâce aux communications de directeurs de musées, de conservateurs du patrimoine, de responsables culturels des collectivités territoriales, d’universitaires et de chercheurs, de professionnels des musées, du patrimoine et du monde de la culture, ce sera l’occasion de présenter et d’analyser des expériences variées, de comprendre les enjeux des projets nouveaux et des réalisations concrètes, de confronter différents points de vue et de réfléchir, discuter et échanger autour des axes suivants :

I) Mieux connaître pour mieux conserver :

- l’organisation des réserves

- la conservation préventive ou comment prévenir les risques de dégradation

II) Conserver ou restaurer ? Restaurer pour conserver : théorie et pratique

Jusqu’à quel point aller dans la restauration pour ne pas trahir l’authenticité, les valeurs artistiques et historiques du patrimoine ?

- La question des ruines

- l’exemple du Retable d’Issenheim

- L’exemple de la flèche de Notre-Dame de Paris

III) L’apport interdisciplinaire des sciences et des nouvelles technologies à la conservation-restauration du patrimoine et à leur médiation

- Le recours aux techniques et aux technologies modernes, aux dispositifs de présentation virtuelle etc.

Data e luogo

  Data inizio: 06/03/2020 alle ore 09:00 Data fine: 07/03/2020 alle ore 17:30
 Salle de Séminaire de l’Irhis (A1.152) - Université de Lille — Site du Pont-de-Bois - Villeneuve d’Ascq


Relatori

Elise Baillieul (Maître de conférences, Université de Lille) et Etienne Hamon (Professeur, Université de Lille) : « La restauration de Notre-Dame de Paris après l'incendie de 2019 : les enjeux pour l'histoire de l'art »

Laura Baratin (Prof. Archi. Università degli Studi di Urbino - DiSPeA - Scuola di Conservazione e Restauro) :La restauration du contemporain :
les oeuvres d’art cinétique de Gabriele Devecchi entre théorie et pratique

Claire Betelu (Maître de conférences – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : « Restauration d'un patrimoine peint en péril : ensembles décoratifs monumentaux du diocèse de Lille construits après 1905. Chantiers école du master de CR de peinture de Paris1 en collaboration avec le diocèse de Lille »

Gael de Guichen (conseiller du directeur général du Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM)) : Un problème grave dans une majorité des musées : les réserves

Pantxika de Paepe (Directrice, Conservatrice en chef du patrimoine – Musée Unterlinden), Jennifer Vatelot, (Restauratrice) et Anthony Pontabry (restaurateur) : « Le retable d'Issenheim-histoire et restauration »

Barbara Jouves (Docteure, ATER Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : « De Paris à Londres : la préservation des collections de tableaux entre 1770 et 1870 »

Tuija Lind (Architecte, D. Sc. (Tech), Aalto University, School of Arts, Design and Architecture) : « Restaurer une ruine : le point de vue d’un architecte »

Brice Mathieu (Directeur délégué, Centre de Conservation du Louvre at Musée du Louvre) : « Le centre de conservation du Louvre : la prévention au cœur de la construction ».

William Van Andringa (Directeur d’études – EPHE) : « Conserver et exposer l’archéologie »
Jeoffrey Vandennieuwembrouck (Doctorant – Université de Lille ; Directeur de l’action culturelle – Ville de Maubeuge) : « Entre urbanisme et architecture : Diagnostic de l'état de conservation de l’œuvre de Lurçat à Maubeuge »


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Note

Organisateurs : Th. Beaufils, CM Peng avec le concours de J. Vandennieuwembrouck (IRHiS)
Avec le partenariat de L. Baratin (Università degli Studi di Urbino, « Carlo Bo »)
Comité scientifique : L. Baratin (Università degli Studi di Urbino), Th. Beaufils, CM Peng (IRHiS), W Van Andringa (EPHE)
Administration : Taoufik Uahdani, IRHiS
Université de Lille, site du Pont de Bois, 59653 Villeneuve d’Ascq
Tél. (33) 03 20 41 70 87 — taoufik. uahdani@univ-lille.fr

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